Avantages des transports publics gratuits pour la population

Tram and bus serving passengers at an accessible urban station

Pourquoi certaines villes rendent-elles leurs transports publics gratuits ?

Tram and bus serving passengers at an accessible urban station
A tram and city bus serve passengers at a bright, accessible urban transit station.
Elevated tram hub connecting trains, buses, bike lanes, and pedestrians
An elevated tram hub connects trains, buses, cycling routes, and pedestrians in a landscaped modern district.

Pendant longtemps, le principe semblait évident : lorsqu’on prend le bus, le tramway ou le métro, on achète un billet. Pourtant, certaines villes ont commencé à remettre cette évidence en question en choisissant la gratuité totale ou partielle des transports publics.

Derrière cette décision se trouve une question beaucoup plus large qu’un simple ticket : la mobilité doit-elle être considérée comme un service que chacun achète selon ses moyens, ou comme un outil permettant à toute la population de participer à la vie de la société ?

Pouvoir se déplacer est essentiel.

Il faut se déplacer pour travailler, étudier, consulter un médecin, faire ses courses, rencontrer ses proches, participer à une activité culturelle ou simplement sortir de son quartier.

Lorsqu’une personne dispose de peu de revenus, le prix cumulé des déplacements peut devenir une véritable charge. La gratuité ou des tarifs fortement réduits peuvent alors redonner une marge de liberté à certaines familles, aux jeunes, aux personnes âgées ou à ceux qui traversent une période financière difficile.

Mais la gratuité possède évidemment un coût.

Un bus gratuit pour le voyageur n’est pas gratuit à faire circuler. Il faut payer les conducteurs, acheter et entretenir les véhicules, construire les arrêts, assurer la sécurité et financer les infrastructures.

La véritable question n’est donc jamais : « Est-ce gratuit ? »

Elle est : « Qui paie et pourquoi avons-nous décidé de le financer collectivement ? »

C’est exactement la même réflexion que pour de nombreux services publics.

Une ville peut décider qu’une partie du coût sera supportée par les impôts parce qu’elle considère qu’une meilleure mobilité profite également à ceux qui n’utilisent pas quotidiennement les transports publics.

Si davantage de personnes abandonnent leur voiture pour certains déplacements, cela peut signifier moins d’embouteillages, moins de besoins en stationnement et davantage d’espace disponible dans les centres urbains.

Mais supprimer le prix du billet ne suffit pas.

Un transport gratuit qui passe une fois par heure, qui ne dessert pas correctement certains quartiers ou qui est constamment saturé ne devient pas soudainement un bon service.

La qualité compte autant que le prix.

Fréquence, ponctualité, sécurité, amplitude horaire et correspondances restent essentielles.

Et il existe un autre élément qui me paraît fondamental : l’accessibilité.

Pour une personne en fauteuil roulant, un bus gratuit ne sert à rien si elle ne peut pas y monter.

Pour une personne malvoyante, l’information doit pouvoir être comprise autrement que uniquement sur un écran.

Pour une personne âgée, un arrêt situé trop loin ou dépourvu d’assise peut transformer un trajet ordinaire en véritable difficulté.

La mobilité accessible ne consiste donc pas seulement à appliquer une réduction tarifaire aux personnes handicapées ou âgées.

Elle consiste à leur permettre d’effectuer réellement le même trajet que les autres.

Cette réflexion devient encore plus importante lorsque nous parlons de lutte contre l’isolement.

Une personne qui ne peut pas conduire ou qui n’en a plus les moyens peut progressivement renoncer à certaines activités. Elle sort moins, voit moins de monde et dépend davantage de son entourage.

Un réseau de transports publics accessible et financièrement abordable devient alors aussi un outil social.

Cela explique pourquoi la question de la gratuité mérite mieux qu’un débat résumé à « pour » ou « contre ».

Certaines villes peuvent choisir la gratuité totale. D’autres préférer des abonnements très abordables. D’autres encore cibler les jeunes, les personnes âgées ou les revenus modestes.

Il n’existe probablement pas une solution identique pour toutes les villes.

Mais une question devrait rester au centre de chaque modèle :

combien de personnes renoncent aujourd’hui à un déplacement nécessaire simplement parce que notre système de mobilité ne leur est pas accessible, physiquement ou financièrement ?

Ma conclusion

Pour ma part, je ne pense pas que la gratuité soit une solution magique.

Je préfère un transport public fiable, fréquent et réellement accessible à un transport annoncé gratuitement mais inutilisable pour une partie de la population.

Je pense néanmoins que nous devons considérer la mobilité comme un élément essentiel de l’autonomie. Pouvoir aller travailler, consulter un médecin, participer à la vie sociale ou simplement rendre visite à quelqu’un ne devrait pas devenir un luxe.

Et lorsqu’on parle d’accessibilité, j’aimerais que nous arrêtions de penser uniquement aux normes sur le papier.

Une rampe qui ne fonctionne pas, un ascenseur régulièrement en panne ou un arrêt impossible à atteindre signifie concrètement qu’une personne reste sur place pendant que les autres poursuivent leur trajet.

Le véritable progrès en matière de mobilité ne se mesure donc pas uniquement au nombre de kilomètres parcourus par nos transports publics. Il se mesure au nombre de personnes auxquelles ils donnent réellement la liberté de se déplacer.


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