Développer la créativité des enfants grâce au travail manuel

Children collaboratively building a wooden project

Quand les enfants deviennent créateurs : pourquoi apprendre à fabriquer reste essentiel

Children collaboratively building a wooden project
Students working on crafts and woodworking projects in a workshop
Students collaborate on woodworking, crafts, and design projects in a bright, well-equipped workshop.

Nous parlons beaucoup de l’école du futur, des écrans, de l’intelligence artificielle et des compétences numériques. Pourtant, au milieu de cette transformation, une forme d’apprentissage très ancienne mérite de conserver toute sa place : apprendre avec ses mains.

Découper du bois, planter une graine, réparer un objet, cuisiner, peindre, coudre, construire une petite maquette ou démonter un mécanisme pour comprendre son fonctionnement peuvent sembler être des activités simples. Elles développent pourtant des capacités très différentes de celles mobilisées devant un écran.

Lorsqu’un enfant fabrique quelque chose, il découvre immédiatement une réalité fondamentale : entre l’idée et le résultat, il existe un chemin.

Il faut réfléchir.

Essayer.

Se tromper.

Recommencer.

Et parfois accepter que ce que l’on avait imaginé ne fonctionne pas du premier coup.

Cette expérience de l’échec est précieuse. Dans certaines activités numériques, une erreur peut être corrigée immédiatement en appuyant sur une touche. Face à une matière réelle, les conséquences sont différentes. Une pièce coupée trop courte ne retrouve pas sa longueur. Une plante oubliée sans eau ne pousse pas correctement.

L’enfant apprend ainsi progressivement à anticiper.

Mais le travail manuel possède également une autre qualité : il rend le résultat visible.

Un enfant qui termine un objet peut le regarder et dire : « C’est moi qui l’ai fait. »

Cette satisfaction est différente d’une note scolaire. Elle ne vient pas uniquement du regard de l’enseignant ou des parents. Elle vient du résultat lui-même.

Cette approche peut aussi permettre à certains enfants de révéler des capacités que l’école traditionnelle mesure difficilement.

Tous les élèves n’apprennent pas de la même manière.

Un enfant peut rencontrer des difficultés avec certains exercices écrits et montrer une intelligence remarquable lorsqu’il doit construire, réparer, dessiner ou comprendre un mécanisme. Un autre peut être excellent dans les matières théoriques et découvrir grâce au travail manuel une forme de créativité qu’il ignorait.

Il ne faudrait donc pas opposer les connaissances intellectuelles et les compétences pratiques.

Nous avons besoin des deux.

Un ingénieur doit comprendre la théorie, mais il gagne aussi à connaître les réalités de fabrication. Un architecte dessine un bâtiment, mais celui-ci devra ensuite être construit par des personnes maîtrisant parfaitement les matériaux. Un chirurgien possède d’immenses connaissances scientifiques, mais son geste doit également être précis.

Même les métiers les plus technologiques restent liés, directement ou indirectement, au monde réel.

Cette question concerne aussi notre rapport à la consommation.

Un enfant qui comprend comment un objet est fabriqué peut progressivement comprendre pourquoi il possède une valeur. Il découvre qu’avant d’arriver dans un magasin, il a fallu une matière première, du travail, des machines, de l’énergie et des compétences.

Peut-être apprend-il alors aussi à moins considérer les objets comme jetables.

Savoir réparer constitue d’ailleurs une compétence qui pourrait retrouver beaucoup d’importance dans les prochaines décennies. Nous parlons de réduction des déchets et de protection des ressources naturelles. Apprendre à prolonger la vie d’un objet représente une manière très concrète d’y contribuer.

Il existe enfin une question de transmission.

Nos sociétés possèdent des milliers de savoir-faire acquis au fil des générations. Certains évolueront, d’autres disparaîtront probablement, tandis que de nouveaux métiers apparaîtront.

Mais si nous voulons que les jeunes puissent choisir leur avenir, il faut leur permettre de découvrir plusieurs formes d’intelligence.

L’intelligence des mots.

L’intelligence des nombres.

L’intelligence numérique.

Mais également l’intelligence de la main, du geste et de la matière.

L’école de demain ne devrait donc pas devenir uniquement plus numérique.

Elle devrait devenir plus ouverte aux différentes manières d’apprendre.

Ma conclusion

Pour ma part, je pense que nous faisons parfois une erreur lorsque nous présentons les métiers manuels comme une deuxième possibilité pour ceux qui ne réussiraient pas suffisamment dans les études.

Créer avec ses mains demande de l’intelligence, de la précision, de la patience et de l’imagination.

Je souhaiterais que davantage d’enfants puissent découvrir très tôt le bois, le verre, la mécanique, la cuisine, la couture, le jardinage, l’électronique et beaucoup d’autres activités pratiques, sans décider à l’avance qu’elles sont destinées aux filles ou aux garçons.

Un enfant qui apprend à fabriquer comprend aussi quelque chose d’important : il n’est pas condamné à être uniquement consommateur de ce que les autres produisent.

Il découvre qu’avec du savoir, des outils et de l’imagination, lui aussi peut créer quelque chose qui n’existait pas auparavant.


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