Podcast, épisode 3 : 44 sièges sous la Coupole

Illustration de l’épisode 3 du podcast Économie & Inclusion, « 44 sièges sous la Coupole » : un hémicycle de 200 sièges, dont 44 en jaune, soit 22 % des sièges du Conseil national.

Écoutez le troisième épisode du podcast « Économie & Inclusion ». Le 21 octobre 2026, 44 personnes en situation de handicap ont siégé au Conseil national, lors de la deuxième Session des personnes handicapées. Que s’est-il passé ce jour-là, et qu’est-ce que cela change pour l’économie ?

Illustration de l’épisode 3 du podcast Économie & Inclusion, « 44 sièges sous la Coupole » : un hémicycle de 200 sièges, dont 44 en jaune, soit 22 % des sièges du Conseil national.

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Dans cet épisode

  • Pourquoi 44 sièges : 22 % du Conseil national, soit la part des personnes en situation de handicap dans la population suisse.
  • Comment ces parlementaires d’un jour ont été élus, et pourquoi l’accessibilité du débat compte.
  • Les 16 pétitions adoptées : formation, emploi, mobilité et logement autonome.
  • Le regard économique : l’inclusion n’est pas une dépense de charité, c’est un investissement.

Transcription de l’épisode

Lire la transcription complète

Bonjour à toutes et à tous. Et bienvenue dans ce troisième épisode d’Économie & Inclusion. Ici, on parle d’argent. De travail. Et de droits. Mais on en parle du point de vue de celles et ceux qu’on oublie trop souvent dans les débats économiques. Les personnes en situation de handicap.

Le 21 octobre dernier, à Berne, 44 personnes en situation de handicap sont entrées dans la salle du Conseil national. Elles n’étaient pas là comme visiteurs. Elles étaient là comme parlementaires. C’était la deuxième Session des personnes handicapées.

Pourquoi 44 sièges ?

La salle du Conseil national compte 200 sièges. Et 44 sièges sur 200, ça fait 22 %. Or 22 %, c’est à peu près la part des personnes en situation de handicap dans la population suisse. Autrement dit, pendant une journée, le Parlement a enfin ressemblé à la Suisse réelle. Une personne sur cinq.

Statistiquement, une personne sur cinq vit avec un handicap. Parfois, il se voit. Souvent, il ne se voit pas. Et pourtant, dans nos institutions politiques, ces personnes sont très peu représentées. C’est exactement ce que cette session voulait montrer.

Comment ça s’est passé ?

Ces 44 parlementaires d’un jour ont été élus en ligne, par plus de 21 000 personnes. La session était organisée par Pro Infirmis, dans le cadre du réseau Forum22, qui rassemble des personnes en situation de handicap engagées en politique. Et c’est le président du Conseil national, Pierre-André Page, qui les a invitées au Palais fédéral.

Ce jour-là, les débats étaient diffusés en direct en allemand, en français, en italien, et aussi dans les trois langues des signes de Suisse. Ce n’est pas un détail. C’est tout le sujet. Quand on rend un débat accessible, on permet à tout le monde d’y participer.

Ce qui a été décidé

Au total, 16 pétitions ont été adoptées. Elles portent sur quatre grands domaines : la formation, l’emploi, la mobilité et le logement autonome. Elles ont été remises à la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider, et seront transmises au Parlement et au Conseil fédéral. Les participantes et participants ont aussi soutenu l’initiative pour l’inclusion, à l’unanimité.

Est-ce seulement symbolique ? Après la première session, en mars 2023, certaines revendications ont été reprises par des commissions du Parlement. Elles ont fait leur chemin, jusqu’au niveau national. Une session d’un jour peut laisser des traces pendant des années.

Le regard économique

Formation, emploi, mobilité, logement : ce sont des questions de droits. Mais ce sont aussi des questions de ressources, d’argent et de richesse collective.

Quand une personne compétente ne trouve pas de travail parce que le bâtiment n’est pas accessible, ou parce qu’un employeur a peur de l’inconnu, tout le monde perd. La personne perd un revenu et une indépendance. L’entreprise se prive d’un talent. Et la collectivité finance des prestations au lieu de recevoir des cotisations et des impôts. L’exclusion a un coût. Il est simplement moins visible qu’une facture.

Chaque obstacle dans un parcours scolaire ou professionnel se paie plus tard, en opportunités manquées. Un train, un bus ou un trottoir accessible n’est pas un luxe : c’est la condition pour aller travailler et participer à la vie de son quartier. Et pouvoir vivre chez soi, avec un accompagnement adapté, est une question de dignité.

L’inclusion n’est pas une dépense de charité. C’est un investissement. Une économie qui laisse de côté une personne sur cinq, c’est une économie qui roule avec le frein à main.

Et maintenant ?

Une pétition, c’est une porte ouverte. Encore faut-il que quelqu’un la franchisse. Dans les prochains mois, il faudra suivre ce que le Parlement et le Conseil fédéral feront de ces 16 pétitions, et le débat sur l’initiative pour l’inclusion. Pendant une journée, 44 personnes ont montré que la politique peut se faire avec les personnes concernées, et pas dans leur dos. Mon souhait, c’est que ça devienne la normalité.

Poursuivre la réflexion

Retrouvez aussi mon article sur la Session des personnes handicapées au Palais fédéral du 21 octobre 2026 et mes autres textes sur l’inclusion et l’égalité des droits.

Sources

Ce sujet vous parle ? Partagez cet épisode et laissez votre témoignage en commentaire. Votre expérience compte.


En savoir plus sur Djamel Bourbala – Inclusion & égalité des droits

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