La 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, ouverte le 8 septembre 2026 sous la présidence de Khalilur Rahman, entre cette semaine dans sa phase la plus visible : la semaine de haut niveau, qui réunit chefs d’État et de gouvernement à New York jusqu’au 28 septembre. Le thème retenu cette année, « Restaurer la confiance, gérer la transformation », donne le ton d’une organisation qui cherche à se relégitimer dans un contexte de tensions multiples.
Le coup d’envoi symbolique a été donné ce vendredi 18 septembre avec le « Moment ODD », un rendez-vous annuel convoqué par le Secrétaire général pour mettre en lumière les avancées vers les Objectifs de développement durable. Le bilan officiel publié cette année est sans détour : sur les 139 cibles suivies, seules 36 % progressent de manière satisfaisante ou modérée, 49 % n’avancent que marginalement, et 15 % ont carrément régressé par rapport à leur niveau de 2015. Onze ans après l’adoption des ODD, l’écart entre les engagements pris et les résultats mesurés reste béant.
Le débat général, qui s’ouvre le 22 septembre, sera suivi d’une série de réunions de haut niveau qui touchent directement aux droits humains et à l’inclusion : le 40e anniversaire de la Déclaration sur le droit au développement (23 septembre), une réunion sur les menaces existentielles liées à la montée des eaux (24 septembre), la préparation aux pandémies (25 septembre), et le 25e anniversaire de la Déclaration de Durban contre le racisme (28 septembre). Un sommet climatique convoqué par António Guterres, dix ans après l’Accord de Paris, doit aussi réunir les grandes économies et les pays les plus vulnérables autour de la question de la transition énergétique.
Cette 81e session est aussi une session de transition : c’est la dernière à s’ouvrir sous le mandat d’António Guterres, dont le second et dernier terme s’achève le 31 décembre 2026. Le processus de sélection de son successeur, qui prendra ses fonctions le 1er janvier 2027, est déjà engagé en coulisses.
Difficile de ne pas faire le lien avec ce que nous observons à une tout autre échelle, celle de la politique suisse et de l’inclusion des personnes handicapées : les mêmes mécanismes se répètent. Un vocabulaire de la confiance et de la transformation d’un côté, des textes qui avancent lentement ou pas du tout de l’autre. À l’ONU comme à Berne, la question n’est plus de savoir si les objectifs sont les bons, mais si l’on se donne réellement les moyens de les tenir.
— Djamel Bourbala


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