Développer le tourisme accessible pour Tous

Travel illustration labeled HOTELS, RESTAURANTS, MUSEUMS, TRANSPORTATION, BEACHES, PUBLIC SPACES

Le tourisme accessible : un marché immense que de nombreux pays continuent de sous-estimer

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An illustrated travel network connects hotels, restaurants, museums, transportation, beaches, and public spaces.

Partir en vacances devrait être un plaisir.

Choisir une destination, réserver un hôtel, visiter une ville, découvrir un musée, aller au restaurant ou simplement profiter d’une plage paraît naturel pour des millions de personnes.

Pourtant, pour une personne en situation de handicap, une personne âgée ou quelqu’un ayant temporairement des difficultés à se déplacer, un voyage peut rapidement devenir une succession d’incertitudes.

L’hôtel possède-t-il réellement une chambre accessible ?

La douche est-elle utilisable ?

Le transport depuis l’aéroport est-il adapté ?

Peut-on entrer dans les restaurants ?

Les toilettes sont-elles accessibles ?

Une personne en fauteuil roulant peut-elle accéder à la plage ou au site touristique annoncé ?

Ces questions montrent que l’accessibilité n’est pas seulement une question sociale.

C’est également une véritable question économique.

Le tourisme représente une activité considérable dans de nombreux pays. Pourtant, une partie du secteur continue à concevoir ses services comme si tous les voyageurs avaient exactement les mêmes capacités physiques, sensorielles ou cognitives.

C’est une erreur.

Et avec le vieillissement de la population, elle pourrait devenir une erreur économique de plus en plus importante.

Une personne n’a pas besoin d’avoir un handicap permanent pour rechercher un environnement accessible.

Une personne âgée peut avoir des difficultés à monter des escaliers.

Quelqu’un qui se remet d’une opération peut temporairement utiliser des béquilles.

Une famille voyageant avec une poussette appréciera également une entrée sans marche.

Un voyageur transportant de lourdes valises profitera d’un ascenseur.

L’accessibilité conçue pour certains améliore souvent le confort de tous.

Le premier problème du tourisme accessible reste pourtant très simple : l’information.

Un établissement peut annoncer une chambre « accessible » sans préciser ce que cela signifie réellement.

Pour une personne en fauteuil roulant, quelques centimètres peuvent faire toute la différence.

Une porte trop étroite.

Un lit trop haut.

Une douche comportant une marche.

Des toilettes mal positionnées.

Un ascenseur trop petit.

Et une réservation préparée plusieurs mois à l’avance peut devenir inutilisable.

Les professionnels du tourisme devraient donc fournir des informations beaucoup plus précises.

Pourquoi ne pas indiquer clairement la largeur des portes, les dimensions des ascenseurs, la présence d’une douche de plain-pied ou les conditions exactes d’accès ?

Une photographie correctement prise peut parfois être plus utile qu’une phrase disant simplement : « établissement adapté aux personnes à mobilité réduite ».

La formation du personnel est tout aussi importante.

Un bâtiment parfaitement accessible peut offrir une mauvaise expérience si le personnel ne sait pas comment accueillir une personne ayant des besoins particuliers.

À l’inverse, une équipe attentive peut parfois trouver des solutions lorsque l’environnement n’est pas encore parfait.

L’objectif n’est pas de traiter une personne handicapée comme quelqu’un d’exceptionnel.

C’est justement le contraire.

Elle doit pouvoir être accueillie comme n’importe quel client.

Cette évolution représente également une possibilité économique pour les destinations touristiques.

Une personne en situation de handicap voyage rarement dans une économie séparée.

Elle réserve un hôtel.

Elle mange au restaurant.

Elle visite des lieux culturels.

Elle achète des souvenirs.

Elle utilise des transports.

Et elle voyage souvent avec son conjoint, sa famille, ses amis ou un accompagnant.

Lorsqu’une destination n’est pas accessible, elle ne perd donc pas nécessairement un seul client.

Elle peut perdre tout un groupe de voyageurs.

Les pays méditerranéens et africains pourraient particulièrement bénéficier d’une véritable stratégie dans ce domaine.

L’Algérie, par exemple, possède un potentiel touristique considérable : littoral méditerranéen, Sahara, patrimoine historique, montagnes, gastronomie et diversité culturelle.

Développer le tourisme ne devrait cependant pas signifier construire aujourd’hui des infrastructures que nous devrons rendre accessibles demain.

Il serait beaucoup plus intelligent d’intégrer l’accessibilité dès la conception.

Hôtels.

Promenades maritimes.

Musées.

Sites archéologiques lorsque leur configuration le permet.

Transports.

Restaurants.

Toilettes publiques.

Espaces naturels.

Cette approche coûtera généralement moins cher que de devoir modifier plus tard des bâtiments mal conçus.

Il existe également un domaine encore insuffisamment développé : les plages accessibles.

Pouvoir approcher la mer lorsqu’on utilise un fauteuil roulant peut devenir extrêmement compliqué lorsque le sable constitue un obstacle.

Des cheminements adaptés, des équipements permettant d’entrer dans l’eau, des sanitaires accessibles et du personnel formé peuvent transformer complètement l’expérience.

Ce ne sont pas nécessairement des investissements gigantesques.

Mais ils nécessitent une volonté et surtout une réflexion préalable.

Le tourisme accessible pourrait également devenir un avantage concurrentiel.

Lorsqu’un voyageur trouve une destination où tout fonctionne correctement, il peut avoir envie d’y revenir.

Et surtout, il en parle.

Dans un secteur où les recommandations et les avis jouent un rôle considérable, une destination réellement accessible peut construire une excellente réputation internationale.

Il faut cependant éviter un piège.

L’accessibilité ne doit pas devenir uniquement un argument publicitaire.

Afficher un symbole de fauteuil roulant sur un site Internet ne suffit pas.

Il faut que la réalité corresponde à la promesse.

Le meilleur tourisme accessible sera celui où la personne n’aura plus besoin de téléphoner cinq fois avant son départ pour vérifier chaque détail.

Elle réservera.

Elle voyagera.

Elle profitera de son séjour.

Exactement comme les autres.

Ma conclusion

Pour ma part, je pense que nous faisons une erreur lorsque nous considérons encore l’accessibilité uniquement comme une obligation ou une dépense.

C’est aussi une opportunité.

Une personne en situation de handicap est également un consommateur, un voyageur et un client.

Elle veut découvrir le monde, partir en vacances, aller au restaurant et partager des moments avec sa famille ou ses amis.

Je pense notamment à l’Algérie et plus largement à l’Afrique. Lorsque de nouveaux hôtels, équipements touristiques ou infrastructures sont construits, nous avons l’occasion de faire mieux dès maintenant au lieu de reproduire les erreurs commises ailleurs.

Mais je souhaite également que l’Europe et la Suisse continuent à progresser, car disposer de normes ne signifie pas que tous les obstacles ont disparu.

Le véritable progrès arrivera lorsque nous ne parlerons presque plus de « tourisme pour personnes handicapées ».

Nous parlerons simplement de tourisme accessible à tous.

Un pays qui ouvre ses portes aux voyageurs du monde entier doit faire en sorte que ces portes soient réellement franchissables par tout le monde.


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