Bénévolat : un pilier essentiel de l’économie sociale

Volunteers sorting donated food and supplies in a community center

Le bénévolat : cette richesse que l’économie ne sait pas toujours mesurer

Volunteers sorting donated food and supplies in a community center
Volunteers organize donated food and supplies for community members in a welcoming distribution center.
Crowd weaving colorful yarn strands together at an outdoor community festival
Neighbors of all ages gather around a colorful web of yarn during a lively community festival.

Nous mesurons souvent la richesse d’un pays à travers sa croissance, ses entreprises, ses investissements ou ses finances publiques. Pourtant, une partie essentielle de la vie collective échappe largement à ces indicateurs : le temps que des millions de personnes donnent gratuitement aux autres.

Dans une association sportive, un club culturel, une organisation humanitaire, une association de quartier ou une structure accompagnant des personnes âgées ou handicapées, des bénévoles consacrent chaque semaine plusieurs heures de leur vie sans recevoir de salaire.

Sans eux, beaucoup d’activités disparaîtraient tout simplement.

Un club sportif ne fonctionne pas uniquement grâce aux joueurs que nous voyons sur le terrain. Il faut organiser les entraînements, préparer les déplacements, tenir les comptes, accompagner les jeunes, chercher des financements et gérer les manifestations.

Une association connaît exactement la même réalité.

Derrière une conférence, une sortie, une action sociale ou un événement public se trouvent souvent des personnes qui ont préparé le projet pendant plusieurs semaines sans que leur travail soit visible.

C’est justement l’une des particularités du bénévolat : nous remarquons souvent ce qu’il produit, beaucoup moins ceux qui le rendent possible.

Cette contribution possède pourtant une véritable valeur économique.

Si toutes les heures effectuées gratuitement devaient soudainement être rémunérées, de nombreuses petites organisations ne pourraient simplement plus fonctionner. Le bénévolat complète ainsi le travail des professionnels sans devoir s’y substituer.

Cette distinction est importante.

Le bénévolat ne doit pas devenir une excuse permettant de remplacer des emplois qui devraient être rémunérés. Donner volontairement quelques heures pour défendre une cause est une chose. Faire reposer durablement un service essentiel sur des personnes non payées en est une autre.

Il faut donc préserver l’esprit du bénévolat tout en respectant le travail professionnel.

Mais l’engagement associatif apporte également quelque chose que l’argent mesure difficilement : du lien social.

Des personnes qui ne se seraient probablement jamais rencontrées travaillent ensemble autour d’un projet commun. Elles viennent parfois de générations, de professions, de cultures et de situations sociales très différentes.

Dans une époque où l’isolement préoccupe de nombreuses sociétés, cette capacité à créer des rencontres possède une valeur considérable.

Le bénévolat permet également de participer à la vie démocratique autrement que par les élections.

Créer une association, défendre un projet, organiser une activité ou représenter les intérêts d’un groupe signifie aussi participer à la construction de la société.

Les associations peuvent faire apparaître des problèmes que les institutions n’avaient pas suffisamment remarqués.

Dans le domaine du handicap, par exemple, de nombreuses avancées ont été obtenues parce que des personnes concernées, leurs familles et des associations ont refusé d’accepter certaines situations comme inévitables.

Elles ont signalé des obstacles, proposé des solutions et demandé des changements.

Le monde associatif peut ainsi devenir un véritable laboratoire d’idées.

Mais il rencontre aussi des difficultés.

Les mêmes personnes occupent parfois plusieurs responsabilités pendant des années parce que personne ne souhaite prendre la relève. Les démarches administratives augmentent. Trouver des financements devient compliqué. Et certains bénévoles finissent par s’épuiser.

Une association ne peut pas durablement reposer sur trois personnes qui font tout.

La question du renouvellement devient donc essentielle.

Il faut permettre aux jeunes de prendre progressivement des responsabilités, accepter de nouvelles manières de travailler et surtout éviter de transformer l’engagement en obligation permanente.

Un bénévole doit pouvoir donner du temps sans devoir sacrifier toute sa vie personnelle.

Nous devrions également apprendre à davantage remercier ces personnes.

Pas nécessairement avec de grandes cérémonies.

Parfois, reconnaître simplement le travail effectué, respecter le temps donné et dire merci suffit déjà à rappeler que cet engagement n’est pas considéré comme normal ou acquis.

Car derrière chaque heure offerte se trouve quelque chose que personne ne pourra rendre :

une heure de vie.

Ma conclusion

Pour ma part, je considère le bénévolat comme l’une des grandes forces silencieuses de notre société.

Je sais qu’une association ne fonctionne pas uniquement avec de belles idées. Il faut des femmes et des hommes qui acceptent de préparer les dossiers, participer aux réunions, organiser les projets et parfois continuer même lorsque le résultat n’est pas immédiatement visible.

Mais je pense aussi que nous devons mieux protéger les bénévoles contre l’épuisement et mieux partager les responsabilités. S’engager pour les autres ne devrait jamais signifier devoir tout porter seul.

J’aimerais également que les jeunes trouvent davantage leur place dans les associations. Ils ne doivent pas uniquement être invités à participer : il faut aussi leur permettre de proposer, de décider et progressivement de prendre des responsabilités.

Une société possède ses institutions, ses entreprises et ses administrations.

Mais entre toutes ces structures existe quelque chose de beaucoup plus discret qui maintient souvent les personnes ensemble : des citoyens qui décident simplement de donner un peu de leur temps pour que quelque chose existe aussi pour les autres.

Et cette richesse-là mérite, elle aussi, d’être reconnue.


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